Une chaise pour interpeller sur la problématique des débordements d’égouts

As‑tu déjà remarqué cette chaise inhabituelle le long du canal à Bruxelles ? Fais‑tu partie des rares personnes autorisées à s’y asseoir ? Cette œuvre d’art interactive vise à attirer l’attention sur la mauvaise qualité de l’eau de nos cours d’eau, due aux fréquents débordements d’égouts, et à encourager l’implementation de solutions. 

Lorsque tu t’approches de la chaise, tu es d’abord confronté à un message inscrit au sol : “No seat for canal flushers”. Des panneaux situés derrière l’œuvre expliquent ce que cela signifie : seules les personnes qui n’ont jamais envoyé leurs eaux usées vers le canal sont autorisées à s’asseoir sur la chaise. Beaucoup penseront spontanément que c’est leur cas. Mais la réalité est tout autre. Toute personne qui a déjà tiré la chasse d’eau par temps de pluie à Bruxelles est un·e contributeur·rice potentiel·le à la pollution du canal et de la Senne via les débordements d’égouts.

Quand il pleut, l’eau de pluie s’écoule directement dans les égouts bruxellois, où elle se mélange aux eaux usées. Comme le réseau ne peut pas absorber ces volumes, il déborde par les déversoirs d’orage, d’abord vers la Senne, puis vers le canal. Chaque mois, on compte environ cinq débordements vers la Senne et entre un et trois vers le canal. C’est pourquoi tu contribues à la pollution lorsque tu tires la chasse d’eau par temps de pluie.

Découvre sur cette page davantage d’informations sur le problème des débordements d’égouts. 

Lorsque tu t’approches de la chaise, tu es d’abord confronté à un message inscrit au sol : “No seat for canal flushers”. Des panneaux situés derrière l’œuvre expliquent ce que cela signifie. Seules les personnes dont les eaux usées ne se sont jamais déversé dans le canal sont autorisées à s’asseoir sur la chaise. Beaucoup penseront spontanément que ce n’est pas leur cas. Mais la réalité est tout autre. Toute personne qui a déjà tiré la chasse d’eau par temps de pluie à Bruxelles a potentiellement contribué à la pollution du canal et de la Senne via les débordements d’égouts.

Quand il pleut, l’eau de pluie s’écoule directement dans les égouts bruxellois, où elle se mélange aux eaux usées. Comme le réseau ne peut pas absorber ces volumes importants, il déborde par les déversoirs d’orage, d’abord vers la Senne, puis vers le canal. Chaque mois, on compte environ cinq débordements vers la Senne et entre un et trois vers le canal. C’est pourquoi tu contribues à la pollution des cours d’eau lorsque tu tires la chasse par temps de pluie à Bruxelles.

Tu trouveras davantage d’informations sur le problème des débordements d’égouts sur cette page, 

La chaise est installée près de l’écluse de Molenbeek, à la Porte de Ninove, un endroit très fréquenté. L’objectif est donc d’interpeller un maximum de personnes et de les sensibiliser à cette problématique souvent méconnue. Plus il y a de gens informés, plus l’engouement pour résoudre le problème grandit.

L’œuvre elle‑même montre l’une des solutions possibles. Tu la devines? La chaise est composée de plusieurs éléments en béton, dont l’assise provient d’une dalle retirée ailleurs à Bruxelles dans le cadre d’un projet de désimperméabilisation. À cet endroit, l’eau de pluie peut désormais s’infiltrer dans le sol. Et c’est précisément l’une des actions nécessaires pour lutter contre les débordements d’égouts, désimperméabiliser la ville  pour permettre à l’eau de pluie de s’infiltrer là où elle tombe. Toute personne disposant d’un jardin ou d’une allée peut d’ailleurs le faire chez elle.

Une deuxième solution consiste à déconnecter les toitures, rues et places du réseau d’égouts, afin que l’eau de pluie ne puisse plus y affluer. On peut par exemple diriger cette eau vers des jardins de pluie ou des noues. Lorsqu’il pleut, ces espaces se remplissent temporairement, puis l’eau s’infiltre progressivement dans le sol. Si tu hésites à le faire dans ton propre jardin, rappelle‑toi qu’il y pleut déjà naturellement, l’eau supplémentaire provenant de ta toiture ne fera pas une différence énorme. Dans l’espace public, l’eau de pluie peut être gérée de multiples façons. Un terrain de football légèrement en contrebas peut servir de bassin d’orage en période de pluie, tout en restant un terrain de jeu par temps sec. Tu peux aussi consulter les plans que nous avons élaborés pour le parc autour de la Basilique de Koekelberg si sa toiture était déconnectée. La ville de Copenhague a également développé un remarquable Cloudburst Management Plan, comprenant 300 projets répartis dans toute la ville pour déconnecter et gérer les eaux pluviales. Une présentation de ce plan est disponible dans le cadre de notre conférence Where Does The Rain Go de 2023.

Une troisième solution consiste à ralentir l’écoulement de l’eau de pluie. Si nous y parvenons, toute l’eau n’arrive pas en même temps dans les égouts, ce qui réduit le risque de débordement. 

Clique sur l’un des articles ci-dessous pour en apprendre d’avantage sur le problème des débordements d’égouts.

Pour la création de la chaise, nous nous sommes inspirés de l’œuvre A Basic Instinct d’Anna Aagaart Jensen, ce qui nous a conduits à collaborer avec l’artiste belge Lionel Jadot. Lionel réalise de nombreuses œuvres à partir de matériaux récupérés et vient d’une famille de fabricants de meubles. Il s’avère qu’il avait déjà conçu une série de chaises à partir de morceaux d’asphalte démantelés : les Lost Highway Chairs.

La chaise a été inaugurée le 25 novembre 2025 en présence de Lionel Jadot, du Port de Bruxelles, de Bruxelles Environnement, de parlementaires et d’autres sympathisants. Nous leur avons tous demandé de signer l’œuvre comme signe d’engagement pour réduire à zéro les débordements d’égouts et obtenir des cours d’eau avec une bonne qualité d’eau et propres. Souhaites‑tu t’engager toi aussi ? N’hésite pas à aller dessiner ta signature sur la chaise.