City to Ocean ne ramassera pour une fois PAS de déchets lors du World Cleanup Day : “le véritable impact repose sur l’industrie et le gouvernement”

Toute l’année, City to Ocean ramasse des déchets dans l’eau du canal de Bruxelles et sur les quais. Ce samedi, lors du World Cleanup Day, nous ne le ferons exceptionnellement pas. Nous allons bien mettre nos kayaks à l’eau de 11h à 13h, mais avec nos poubelles retournées et nos filets de pêche levés dans les airs. Par cette « grève », nous voulons montrer que ce sont surtout les pouvoirs publics et les entreprises qui peuvent réellement agir sur cette pollution colossale avec de vraies solutions, tandis que le World Cleanup Day met l’accent sur les nettoyages et les citoyens.

Ce samedi, des personnes du monde entier retrousseront leurs manches pour ramasser des déchets. Un nettoyage aura également lieu sur le quai du canal de Bruxelles où se déroulent nos activités en kayak. Il est organisé par une autre association. Bien que les actions de nettoyage soient très importantes pour sensibiliser, elles ne traitent que les symptômes. Depuis la création de City to Ocean il y a cinq ans, nous retrouvons encore aujourd’hui autant de déchets dans le canal de Bruxelles qu’au début. S’il n’y a pas de changement systémique, cela continuera et deviendra même encore pire.

Une goutte d’eau dans l’océan

Les actions de nettoyage samedi dureront en moyenne deux heures, beaucoup de déchets seront ramassés pendant ces deux heures. Mais en deux heures, une entreprise comme Coca-Cola aura également produit 25 millions de bouteilles en plastique à usage unique dans le monde (source), 10 milliards de mégots de cigarettes auront été jetés dans la nature (source) et 2.500 tonnes de plastique se retrouveront dans les océans. Les cleanups sont, pour ainsi dire, une goutte d’eau dans l’océan et nous ne pouvons pas compter uniquement sur eux.

Sans véritables solutions, d’ici 2040, le flux annuel de plastique vers les océans aura presque triplé pour atteindre 29 millions de tonnes (source). Ce n’est pas l’absence de solutions techniques qui empêche de s’attaquer au problème des déchets, mais bien une législation insuffisante, des modèles économiques inadaptés et des mécanismes de financement inadéquats.

Que faut-il faire alors ?

Malgré l’infrastructure efficace de gestion des déchets en Belgique, nous sommes encore confrontés à un important problème de déchets sauvages. Le système doit être adapté :

  • Le gouvernement doit instaurer une consigne sur les canettes et les bouteilles en plastique.
  • La législation doit fixer une limite et des objectifs de réduction quant à la quantité de plastique pouvant être produite chaque année.
  • Les producteurs et les supermarchés doivent passer à moins d’emballages à usage unique, au lieu d’en produire toujours plus.
  • Il doit y avoir une interdiction de la publicité dans l’espace public pour les produits emballés dans des contenants à usage unique.
  • Les filtres en plastique dans les cigarettes doivent être interdits.
  • La Belgique doit s’engager en faveur d’un accord ambitieux lors des prochaines négociations du Traité des Nations unies sur les plastiques.

C’est pourquoi nous lançons un appel aux différents gouvernements et entreprises de Belgique : abordez réellement le problème des déchets, avec de vraies solutions, et stoppez le flux de déchets vers la nature et les océans.